Troisième œil
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La petite histoire  Up Page
Origine, raisons, hasard
Possédons-nous un "troisième œil" tourné vers l'intérieur autant que vers le monde, un œil de l'imagination et du rêve, qui gouvernerait notre "espace du dedans" comme les autres ordonnent nos rapports avec les choses, un "œil" intime dont dépendrait tout le système de nos émotions ?
L'œil pinéal, plus communément dénommé troisième œil, est un organe situé sur le sommet du crâne. Il est sensible aux variations de luminosité: changement d'ensoleillement ou passage d'une ombre au-dessus de sa tête (nuage ou prédateur). Il y a de forte chance que le changement de luminosité d'un espace donné (occultation passagère du ciel par un objet, sans création d'ombre sur le sol ou la tête de l'animal) engendre chez l'animal un effet de fuite, d'autant plus s'il s'agit d'un prédateur.

Comprendre simplement  Up Page
Hormone du troisième œil
Siège de l'âme selon le philosophe Descartes, vestige d'un "troisième oeil" selon certains évolutionnistes, l'épiphyse ou glande pinéale, sorte de petit haricot posé sur le plancher de la boîte cranienne, intriguait les savants depuis deux siècles. Les médecins savaient bien qu'il s'agissait d'une glande à sécrétion interne, qu'elle avait une influence décisive sur le développement corporel et intellectuel de l'individu et qu'elle exerçait une action antagoniste de l'hormone gonadotrope de l'hypophyse, mais on n'était pas parvenu à isoler aucune des hormones qu'elle était censée sécréter.
 
Après trois ans de travaux de chercheurs de l'Université Yale, aux Etats-Unis, ils ont réussi à extraire des glandes de 250 000 bœufs, 1,5 milligramme d'une substance appelée mélatonine qu'on ne trouve dans aucune autre partie de l'organisme, et dont ils ont commencé à étudier les propriétés. La propriété la plus remarquable de cette substance est son action sur la pigmentation de la peau qu'elle éclaircit.

Domaines de présence  Up Page
Un œil pour regarder le ciel
Il existe des lézards qui ont un troisième oeil. L'iguane, le caméleon, le lézard ocellé du midi de la France sont dans ce cas, bien que leur organe visuel supplémentaire soit assez simplifié dans son organisation et reste caché sous la peau écailleuse du sommet de la tête.Un autre lézard, véritable "fossile vivant" puisqu'il a survécu jusqu'à nous, sans grand changement, depuis les temps secondaires, possède aussi un troisième oeil. C'est l'hattéria ou tuatara de Nouvelle-Zélande, le Sphénodon punctatus des zoologistes. Aujourd'hui localisé et protégé officiellement dns les petites îles de la baie de Plenty.
Cet oeil pinéal, comme l'appelle les savants en raison de sa forme en pomme de pin, est logé dans un trou de la voûte cranienne et recouvert seulement par la peau qui est, à cet endroit, amincie et translucide. Sans aucun doute, cet organe est fonctionnel. S'il ne voit pas nettement, du moinds est-il capable de faire apprécier à son possesseur les variations de lumière et d'obscurité, d'insolation, de température, etc.
 
L'œil pinéal des lamproies
Semblables aux anguilles par la forme générale de leur corps, elles s'en distinguent par leur bouche-suçoir toujours béante et par la possession d'une rangée d'orifices respiratoires sur les côtés du cou.Vers le milieu de l'encéphale, on aperçoit plusieurs vésicules creuses qui constituent, dans leur ensemble, ce que les anatomistes appellent l'appareil pinéal. La première vésicule (A) est antérieure gauche; la seconde (B) est postérieure droite; la troisième (C) est tout à fait postérieure et médiane. On leur donne les noms respectifs d'organe para-pinéal, d'oeil pinéal et de glande pinéale. A et B paraissent êtres des ébauches oculaires analogues à celles des véritables yeux. Seulement, tandis que A est resté rudimentaire, B a continué son évolution et est devenu un troisième oeil. Celui-ci est en somme un organe visuel qui, primitivement situé à droite, devient impair et médian.
Quelques poissons (saumons, corégones) présentent aussi, par atavisme, une paire d'ébauches oculaires. La différence avec les lamproies est que A finit par disparaître pour laisser entièrement place à B.
Chez les autres poissons, nou vel aspect du phénomène: il n'y a jamais d'ébauche A, mais B devient un oeil pinéal logé finalement dans une dépression interne de la voûte cranienne. Celle-ci n'est pas perforée. Le troisième oeil est situé à l'intérieur du crâne et ne peut servir en rien à la vision, ni même à l'appréciation des changementsde température. C'est un organe devenu rudimentaire et probablement sans fonction. Enfin, chez la plupart des vertébrés, A et B n'existent à aucune période de l'existence.
L'intérêt si particulier de l'iguane, du caméléon, du lézard ocellé et surtout du sphénodon est d'avoir un oeil pinéal plus développé que celui d'aucun autre animal actuel. Or ce troisième oeil est une survivance d'un organe analogue qui existait, à n'en pas douter, chez beaucoup de poissons (ostracodermes), de batraciens (stégocéphales) et de reptiles (ichthyosaures, plésiosaures) aujourd'hui disparus. Les crânes fossiles de ces divers animaux ont une orifice pariétal qui ne laisse aucun doute sur l'existence, à son intérieur, d'un oeil qui était peut-être aussi bien organisé pour la vision que les yeux latéraux.

Son interprétation dans l'avenir  Up Page
Et peut-être que nous aussi ...
Dans ce qui précède, nous avons laissé de côté la troisième ébauche, tout à fait postérieure et médiane, désignée par la lettre C. Cette ébauche est la seule qui soit absolument constante et qui donne invariablement, chez tous les vertébrés, l'épiphyse ou glande pinéale.
L'épiphyse est capable de donner par bourgeonnement des vésicules pigmentées qui ressemblent à des yeux pinéaux. Dans beaucoup de cas même, l'oeil pinéal semble se former aux dépens de l'épiphyse dont il ne serait qu'un bourgeon différencié. Comme nous avons nous-mêmes, à l'intérieur de notre cerveau, une épiphyse, pas plus grosse, il est vrai, qu'un petit pois, nous posséderions sans le savoir un curieux héritage du troisième oeil de nos lointains ancêtres aquatiques.
Mais il se peut que l'épiphyse, comme l'indique son nom de glande pinéale, ne soit qu'une glande à sécrétion interne. Diverses expériences, faites sur les oiseaux, semble établir qu'elle retarde le développement le génital et agit donc en sens inverse de l'hypophyse.
Il est possible enfin que, vestige d'un troisième oeil, l'épiphyse ait acquis secondairement des propriétés sécrétives. Un organe n'exerçant plus sa fonction primitive peut en acquérir une nouvelle. On observe souvent, dans le règne animal, de telles transpositions physiologiques: tel organe qui a perdu son utilité, se change peu à peu d'une activité nouvelle...

Les références  Up Page
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Pour la Science mai 2006 n343
Science & Vie août 1954 n443
Science & Vie septembre 1958 n492
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Je crois que, si les êtres humains que nous sommes ne parviennent pas toujours à évoluer comme ils le souhaiteraient _à s'épanouir professionnellement, sentimentalement et sexuellement (ce que j'appelle les trois pôles d'intérêts) c'est parce qu'il y a des barrages qui entravent leur désir d'accéder à un rêve inachevé. Je pars du principe que tout est possible, à condition de s'entourer de gens qui nous poussent à croire en nous.
 
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Ce que vous avez toujours voulu savoir
Le cas de la jeune Soviétique, Rose Koulechova, qui voyait, assurait-on, avec ses doigts, intrigue depuis longtemps les biologistes. On sait depuis longtemps que la rétine réagit à la lumière par des décharges électriques. S'il est acquis que la peau réagit de la même manière quoique de façon moins nette, la rétine apparaît seulement comme un épiderme éminemment spécialisé. De récentes observations permettent d'envisager ce cas sous un jour nouveau. Il s'agit des expériences de deux biologistes, H. F Becket et R. A. Cone. Des fragments de peau prélevés sur des animaux - poissons, grenouilles, rats, etc. - et exposés sans délai à des flashes lumineux, ont répondu par d'infimes mais évidentes décharges de courant, mises en évidence par de très fines électrodes. L'intensité de la réponse électrique était en rapport avec la puissance de l'éclair. Dans le cas des grenouilles, on a même mis en évidence une seconde décharge, plus faible, avec quelques secondes de retard. Chez certains poissons, dont la lamproie, puis certains reptiles, tel le lézard, l'épiphyse devient relativement importante. S'éloignant du toit du ventricule, elle remonte jusqu'à la paroi osseuse du crâne qui, à cet endroit, présente un orifice. L'épiphyse vient s'y loger, au milieu du "front" juste sous la peau qui, à ce niveau, est transparente.  Et notre organe présente tout à fait la structure d'un oeil: petite vésicule emplie d'une sorte d'humeur vitreuse, dont la paroi située sous la peau est faite comme une cornée, tandis que la paroi opposée a la structure d'une rétine. C'est véritablement le "troisième oeil". Il donne naissance à un nerf qui, comme les nerfs optiques des yeux latéraux, va établir des relais très importants dans l'ensemble du cerveau.
Mais il y a mieux. La rétine de l'oeil "normal" est inversée: les cônes et bâtonnets - organes récepteurs de la vision - se trouvent sur la couche externe du globe oculaire; les fibres du nerf optique qui recueillent leurs impressions viennent, comme les rayons d'un parapluie, s'épanouir à l'intérieur de cette couche sensible avant de se regrouper pour sortir en arrière de l'oeil. Ainsi les impressions lumineuses issues du dehors viennent-elles se réfléchir contre la lame sensible de la rétine avant d'être recueillies par le nerf. La rétine du "troisièle œil", au contraire, est exversée: les éléments récepteurs se trouvent sur la couche la plus intérieure, et les terminaisons du nerf s'épanouissent sur la couche la plus externe de cet étrange globe oculaire. Tout se passe comme si ce troisième oeil était fait pour regarder l'intérieur et non le dehors ... Certes, du lézard à l'homme, il y a bien du chemin à parcourir: mais n'oublions pas que chacun de nos organes possède, dans sa signification fonctionnelle, le résumé de toute cette histoire phylogénique.
L'hépiphyse apparaît constituée de deux sortes de cellules: des cellules qui lui sont propres, qu'on appelle "pinéocytes"; et des cellules qu'on trouve aussi dans le système nerveux: les "astrocytes". Les premières présentent des enclaves emplies d'un liquide de sécrétion, l'hormone épiphysaire. Les secondes, à la lumière  des plus récents travaux, semblent des éléments très importants du métabolisme, dont du fonctionnement de la cellule nerveuse.
Le plus étrange est qu'on ne trouve jamais d'astrocytes dans les autres glandes: c'est une cellule spécifique du tissu nerveux. Pourtant l'épiphyse est bien une glande, puisque ses cellules contiennent des enclaves hormonales. Mais il faut bien admettre, en même temps, qu'elle fonctionne comme du tissu nerveux, puisqu'on y trouve des astrocytes. Aucun organe ne fonctionne d'une manière absolument autonome. Même ceux qui, comme le cœur ou l'intestin, ont un système nerveux qui leur est propre, sont dirigés par des influx nerveux venus des centres. Or l'épiphyse, bien qu'accolée au cerveau lui-même, ne reçoit aucune innervation (distribution des nerfs dans une partie du corps) des cellules nerveuses qui lui sont si proches, et n'émet à son tour aucune fibre nerveuse (au contraire de ce qu'elle faisait lorsqu'elle existait en tant que 3ième œil, prolongé, nous l'avons vu, par un nerf important).
En revanche, elle reçoit une innervation exceptionnelle par une richesse venant du système sympathique, et plus précisément d'un centre sympathique situé dans le cou: le ganglion cervical supérieur. Or, ce ganglion reçoit lui-même ses propres influx, c'est-à-dire ses ordres d'agir, des mouvements de la pupille et peut-être du globe oculaire. Autrement dit, notre épiphyse sera stimulée et se mettra en action au gré de messages qui lui viendront de l'œil ! Et c'est là que la physiologie nous permet des considérations étonnantes. Car ses messages qui viennent de l'oeil pour diriger le fonctionnement de l'épiphyse ne sont pas des messages rétiniens, c'est-à-dire grossièrement sensoriels; ce sont des messages émis par les mouvements de la pupille. Et ces mouvements sont déclenchés tout aussi bien par des efforts de vision réelle que par des imaginations de vision ou des sensations intérieures dénuées d'images (élargissement pupillaire à la douleur par exemple). Autrement dit, voilà que, par une autre voie, notre épiphyse redevient un organe perfectionné du système de la vision, une sorte d'analyseur au second degré, un véritable troisième œil !
 
Un centre de commande
L'épiphyse est l'organe qui contient, proportionnellement, le plus de sérotonine de tout l'organisme. C'est aussi le seul organe à posséder une substance particulière capable de transformer la sérotonine en mélatonine, c'est-à-dire une enzyme spécifique. Cette sérotonine est vraisemblablement sécrétée  par les terminaisons si nombreuses dans l'épiphyse, des nerfs sympathiques. Ceux-ci viennent y décharger la quantité la plus importante de sérotonine qu'on trouve dans tout l'organisme. Cette sérotonine est soit libéré telle quelle, soit transformée en mélatonine, selon les ordres reçus par l'épiphyse.
Pr l'intermédiaire de l'hypothalamus, et à partir des messages qui lui envoie la vision du dehors et du dedans, l'épiphyse règle l'activité de reproduction, l'équilibre des réserves d'eau de l'organisme (l'eau est l'ultime réserve de vie), et l'activité métabolique de toutes  les cellules (la thyroïde commande au métabolisme de base).
 
Coupe de l'encéphale et de l'oeil pinéal de l'Hatteria ou Sphénodon
1: La peau amincie et transparente devant l'oeil, lui permet d'apprécier les variations de lumière.
2: Os pariétal
3: Périoste
4: OEil pinéal
5: Nerf pinéal
6: Encéphale
 

1: L'épiphyse
2: Toit du mésencéphale
3: Troisième ventricule
4: Corps calleux
5: Quatrième ventricule
6: Cervelet
7: Canal central de la moelle
8-9: Moelle épinière
10: Trou occipital
11: Pont (protubérance annulaire)
 
Schéma très simplifié des connnexions de l'épiphyse
1: Hypothalamus
2: OEil
3: Ganglion cervical supérieur
4: Epiphyse
5-6: Hypophyse
7: Thyroïde
8: Testicules et ovaires
9: Cortico surrénales