Tombes Barbares (Saint-Dizier, France)
La petite histoire
Comprendre simplement
Domaines de présence
Son interprétation dans l'avenir
Les références
Mais encore
by Pepe ©
 
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La petite histoire  Up Page
Trois tombes d'exception
Une fouille préventive menée par l'INRAP sur le site de "La Tuilerie" à Saint-Dizier a mis au jour une petit groupe de sépultures _ deux hommes, une femme et un cheval _ d'une richesse exceptionnelle, daté de la première moitié du VIe siècle. Le gisement se trouve au sud-est de l'agglomération, au lieu-dit "La Tuilerie" dans un secteur riche en vestiges archéologiques de toutes périodes.
La jeune femme (sépulture 12) est décédée vers l'âge de 18 ans. Les deux hommes, de grande taille (1,82m et 1,77m), étaient âgés d'une trentaine (sépulture 11) et d'une cinquantaine d'années (sépulture 13). Le plus âgé souffrait d'arthrose et avait eu dans sa jeunesse plusieurs fractures, très bien consolidées. L'étude menée sur sur les ossements des trois défunts a révélé qu'ils avaient eu des conditions de vie favorables pour l'époque et l'accès à une nourriture abondante (étude anthropologique réalisée par Cécile Paresys, INRAP).

Comprendre simplement  Up Page
La Dame au collier d'ambre

La dame de la sépulture 12 portait un collier de perles en ambre et en verre. Soixante-dix autres perle forme et matières variées ornaient sa poitrine. A sa main droite brillait un bague en or sertie de grenats. Un bracelet d'argent était passé à son poignet gauche. Quatre fibules _ deux rondes à décor cloisonné de grenat et deux ansées asymétriques en argent et grenat _ fermaient ses vêtements.
A sa taille devait être attaché un lien en cuir ou autre matériau périssable au bout duquel étaient accrochés un couteau et une perle en bois de cervidé, cette dernière faisant peut-être office de talisman. La mode du port de quatre fibules _ deux petits au cou et deux ansées plus bas sur le corps _ se répand dans le monde mérovingien au VIe siècle entre Grande-Bretagne et Hongrie et concerne avant tout les femmes d'un certain rang social.

Domaines de présence  Up Page
Deux hommes en armes
Contrairement à la jeune femme inhumée dans une simple fosse, les deux hommes eurent droit à de véritables chambres funéraires au sol et aux parois tapissées de planches de chêne. Un couvercle de même matière en scellait l'ouverture.
Dans chacune des fosses, le défunt fut déposé dans un cercueil en chêne placé dans la moitié nord de la chambre. Chaque homme portait une épée, un scramasaxe et une ceinture à boucle en matière précieuse, cristal de roche pour la jeune homme, argent massif pour l'autre. Le premier arborait également une bague en or à la main gauche. Une aumônière précieuse était attachée à leur ceinture, dans le dos. La vaisselle de bronze et de verre avait été placée dans le cercueil ainsi que dans le reste de la chambre funéraire, aux côtés de dépôts périssables (étoffes, lanières de cuir, coffre de bois ?) qui n'ont laissé que des traces fugaces dans le sol. Bouclier et hache reposaient contre le cercueil. Enfin, sur le couvercle de la chambre avaient été un angon et une lance.
Dans les tombes mérovingiennes masculines, la découverte d'armes telles que hache, scramasaxe et bouclier est courante. La présence en surplus d'une épée, d'une lance et d'un angon est en revanche toujours révélatrice d'une élite.

Son interprétation dans l'avenir  Up Page
Une tombe de cheval

Une sépulture de cheval a été découverte à quelques mètres des tombes humaines. Le mâle adulte, d'une grande taille pour l'époque, est mort vers l'âge de huit ans. Ses prémolaires présentent des traces attribuables au port d'un mors, indiquant un cheval de monte (étude archéozoologique réalisée par Jean-Hervé Yvinec, INRAP). Aucune trace de pathologie ni de dépeçage n'a été revelée sur ses ossements et il ne semble pas être mort à la suite d'une blessure ou d'une maladie.
Il faut sans doute voir dans cette inhumation soignée, la volonté de réunir le propriétaire et sa monture. La sépulture était vide de tout objet, mais un mors retrouvé dans la sépulture du jeune homme (sépulture 11) laisser à penser que le cheval lui appartenait.
L'inhumation de chevaux _ entiers ou découpés _ au sein des nécropoles, coutume germanique déjà rapportée par Tacite au Ier siècle, se développe surtout dans la seconde moitié du VIe siècle et au VIIe siècle. Fréquente sur la rive droite du Rhin, cette pratique reste marginale en Gaule mérovingienne chrétienne, où elle est surtout localisée entre Somme et Escaut, c'est-à-dire au cœur des premiers royaumes francs.
Ce type d'inhumation aurait un rôle psychopompe, le cheval aidant le défunt à se rendre dans l'au-delà. Le sacrifrice d'un animal a priori en bonne santé reflète le prestige et le haut rang social du défunt au même titre que le dépôt de vaisselle de luxe dans sa tombe.

Les références  Up Page
Réseau Pepe
Archeologia décembre 2008 n°461
 
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Je crois que, si les êtres humains que nous sommes ne parviennent pas toujours à évoluer comme ils le souhaiteraient _à s'épanouir professionnellement, sentimentalement et sexuellement (ce que j'appelle les trois pôles d'intérêts) c'est parce qu'il y a des barrages qui entravent leur désir d'accéder à un rêve inachevé. Je pars du principe que tout est possible, à condition de s'entourer de gens qui nous poussent à croire en nous.
 
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Mais encore  Up Page
Le verre à l'époque des Barbares
Ensemble des verreries mises au jour à Saint-Dizier. Si la verrerie est plus fréquente que la vaisselle de bronze, elle reste tout de même assez rare. Les objets en verre de Saint-Dizier sont exceptionnels par leur taille, leur décor et leur nombre (jusqu'à trois dans les sépultures masculines). Leur qualité est même supérieure à ceux d'autres tombes de chefs contemporains.



 
Objets de décoration
Les fibules rondes ornaient le cou de la jeune femme, les fibules ansées devaient fermées la tunique de cette même demoiselle.