Réchauffement climatique
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© "Le jour d'après"

La petite histoire  Up Page
Origine, raisons, hasard
Aujourd'hui il ne fait plus de doute que l'accélération inquiétante du réchauffement climatique planétaire enregistré depuis un siècle est lié au développement de l'industrialisation et à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, CO2, méthane et halocarbures notamment. On sait notamment, grâce à l'analyse de carottes glacières que les concentrations de CO2 avant 1750 sont constantes sur plus de dix mille ans, et n'ont jamais dépassé la valeur de 280 ppmv (en 1750), alors qu'aujourd'hui nous sommes déjà à 350. On sait également qu'au cours du siècle dernier, la température moyenne à la surface de la planète s'est élevée d'environ 0, 6°C, la couverture neigeuse et les étendues glaciaires se sont réduites et le niveau de la mer s'est élevé de 10 à 20 cm.
 
Hollywood goûte à la chlorophylle
De Matt Damon à Julia Roberts en passant par Leonard Di Caprio et Alec Baldwin, les stars américaines s'engagent en faveur de l'environnement. Après Bono et sa croisade pour le tiers-monde, la lutte contre le réchauffement de la planète devient donc la nouvelle cause de toute une brochette d'acteurs et d'actrices qui entend s'opposer à une administration Bush associée pour beaucoup au lobby pétrolier et à son refus du protocole de Kyoto.
De nombreuses stars "sont très engagées sur les sujets liés à l'écologie" a déclaré le directeur de WWF, qui estime que la question de l'authenticité de toutes ces prises de position est secondaire. Cameron Diaz a réalisé une série d'émissions sur les espèces en voie de disparition, diffusées sur la chaîne musicale MTV, sensibilisant ainsi les 12-24 ans aux problèmes écologiques complexes.
Leonard Di Caprio a revendiqué haut et fort une "forte séparation entre le pétrole et l'Etat" et ajouté que "nous pouvons nous libérer du pétrole et ralentir le réchauffement de la planète". L'acteur recommande l'utilisation de voitures qui consomment moins. Message bien reçu par Georges Clooney qui a choisi d'abandonner sa BMW pour une voiture électrique. Quant à Julia Roberts, elle a décidé d'utiliser des couches pour bébés en papier recyclé et de se faire construire une maison à énergie solaire en Californie.

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Disparition des hivers en Europe
L’Europe se réchauffe plus rapidement que le reste du monde et les hivers froids risquent de ne plus être qu’un lointain souvenir vers 2080, selon une étude publiée le 18 août 2004 par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Ce rapport alarmant prévoit que les vagues de chaleur et inondations se produiront plus fréquemment, menaçant ainsi les personnes âgées ou faibles, et les trois quarts des glaciers alpins suisses risquent de fondre d’ici à 2050.
 
Comment s'accélère la disparition des glaciers ?
En 2002, la barrière de Larsen B (une paroi de 700 km2 située sur la côte est de la péninsule antarctique, deux fois plus grande que la ville de São Paulo) était découverte au moment où sa cassure précipitait plusieurs millions de tonnes de glace dans la mer de Wedell en seulement trois mois.
On croyait jusqu'à maintenant que ce phénomène lié directement au réchauffement de la planète n'avait pas d'impact sur les glaciers adjacents à la paroi brisée. Néanmoins aujourd'hui, des spécialistes en glaciologie ont démontré que de telles barrières de glace sont indispensables à la stabilité des glaciers et jouent un rôle primordial dans la contention et la dynamique de ceux-ci. "Sans la barrière de Larsen, les cinq glaciers adjacents ont perdu jusqu'à 38 mètres de hauteur au cours des 6 mois qui ont suivi l'effondrement de celle-ci" a déclaré au journal La Nacion l'ingenieur Pedro Skvarca de l'Institut antarctique argentin, co-auteur de l'étude publiée dans la revue spécialisée Geophysical research letters. "C'est la première fois que l'homme peut observer ce qui se passe lorsque les barrières de glace disparaissent et ce phénomène pourrait bien se reproduire dans les zones plus au sud" a-t-il ajoute. "Si les glaces de la péninsule antarctique fondent, le niveau des océans augmenterait de quelques décimètres mais si ce sont des glaciers de la région occidentale de l'Antarctique qui fondent, l'élévation pourrait atteindre six mètres".
"La fonte des plus grandes barrières de glaces de l'antarctique pourrait avoir un effet réel sur l'augmentation du niveau des océans" a confirmé Ted Scambos, chercheur à l'Universite du Colorado aux Etats-Unis et co-auteur de l'étude à laquelle ont également participé des chercheurs de l'Agence spatiale des Etats-Unis (NASA) et du Centre d'études scientifiques de Valdivia au Chili.
 
Lacs arctiques
Les sédiments présents au fond des lacs constituent de bons indicateurs de l'activité biologique à travers les âges car les organismes vivant dans les régions polaires sont très sensibles à la moindre variation de température.
Une étude internationale centrée sur les régions polaires montre que des changements climatiques sont à l'origine d'une réorganisation écologique et d'un changement d'espèce qui aurait commencé il y à 150 ans. L'étude a été conduite par 26 chercheurs qui ont étudié 55 lacs situés au Canada, en Russie, au Spitzberg (Norvège) et en Laponie (Finlande).
Les changements apparaissent aussi bien dans la composition des espèces que dans leur diversité et la variation est plus grande dans les régions les plus nordiques. Cette observation est corroborée par les modèles climatiques qui montrent que le réchauffement climatique est plus accentué au niveau des pôles. L'impact de l'activité humaine ne peut pas être à l'origine de ces variations. En effet, contrairement aux régions tempérées, il existe très peu d'agriculture dans ces régions, à part quelques troupeaux de rennes et de caribou. Les régions polaires souffrent de précipitation contenant des métaux lourds, des molécules acides et des nutriments. Ce phénomène est largement cantonné à la deuxième moitié du XXieme siècle soit très postérieur au début de la réorganisation observée dans cette étude.

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Inondations et vagues de chaleur
Des inondations avaient fait environ 80 morts en 2001 dans onze pays européens. La vague de chaleur en août 2003 a tué plus de 20.000 personnes en Europe de l’Ouest et du Sud. Les recherches de l’AEE concordent avec celles des chercheurs américains du NCAR (Centre National pour la Recherche Atmosphérique) qui viennent de présenter, le 12 août 2004, les résultats d’un nouveau modèle climatique global. Selon ce modèle, les vagues de chaleur deviendraient plus nombreuses du fait du réchauffement du globe.
Selon l’étude, les températures ont augmenté en moyenne de 0,95 degré Celsius en Europe au cours des cent dernières années et l’on s’attend à les voir encore s’accroître de 2 à 6,3 degrés durant le siècle actuel en raison de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
 
Niveau de la mer Tyrrhénienne
En un peu plus de 2000 ans, le niveau de la mer Tyrrhénienne a augmenté de 135 cm, dévorant petit à petit plages, rochers et habitations construites sur les côtes. Pour 90%, cette augmentation est due au lent écrasement du territoire, au rythme de 0,6 mm par an. A cela s'ajoute également une remontée de la mer causée par le réchauffement climatique, débuté il y a environ un siècle et qui, jusqu'à maintenant, a influé pour 10% sur le total.
Ces conclusions sont issues d'une recherche sur les piscines des villas antiques de la région tyrrhénienne menée par des chercheurs de l'Institut National de Géophysique et Vulcanologie (INGV), de l'Enéa, de l'Institut Hydrographique de la marine et de plusieurs universités italiennes et étrangères. La recherche, publiée sur la revue "Earth and Planetary ScienceLetters" (septembre 2004) , a été coordonnée par Marco Anzidei, de l'INGV, en partenariat,
entre autres avec l'australien Kurt Lambeck, le plus grand expert international du niveau des mers.
Les piscines antiques sont des structures aujourd'hui complètement ou partiellement submergées et en grande partie détruites par l'action de la mer. L'étude a concerné une dizaine de ces constructions du bassin méditerranéen. Le soulevement apparent de la mer de 135 cm a donc pu être évalué avec une grande précision, évaluant également que 122 cm étaient dus à l'abaissement de la croûte et 13 cm à l'effet combiné de l'expansion thermique des eaux et de la fonte des glaces, augmentant donc le volume des mers dans le monde entier.
Les prospectives futures pour les côtes italiennes ne sont donc pas favorables, comme cela a été également expliqué dans d'autres recherches, qui évaluent à 4500 km2 les zones italiennes à risque submersible d'ici à quelques décennies.
 
La Flandre noyée
Une récente étude esquisse l'impact inquiétant du réchauffement de la planète sur une partie du territoire belge. La Flandre serait notamment gravement menacée par l'augmentation du niveau de la mer du Nord. Menée sous la houlette de l'unité climat de l'Université catholique de Louvain (UCL), cette étude a été réalisée par le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, à la demande de Greenpeace, mais en totale indépendance par rapport à l'organisation écologiste. A partir d'informations recueillies dans la littérature scientifique et grâce à des extrapolations de rapports de pays voisins de la Belgique, les chercheurs ont dressé un bilan peu encourageant des conséquences que devrait avoir le réchauffement climatique sur le territoire belge. Outre une augmentation du niveau de la mer de près de 8 mètres d'ici la fin du millénaire qui aurait pour conséquence de noyer plus d'un dixième de son territoire, la Belgique devrait s'attendre à des inondations et à une augmentation des précipitations de 6 à 23 % en hiver. A contrario, des étés très chauds sont à prévoir ainsi que des baisses de ces mêmes précipitations en été pouvant atteindre 50%. De tels écarts climatiques auront vraisemblablement des conséquences sur la biodiversité.
Ainsi, de nombreux poissons d'eau douce sont menacés, tout comme certaines espèces d'arbres à longue durée de vie comme le hêtre. Ces prévisions pour le moins alarmantes possèdent néanmoins quelques aspects positifs. En effet, Jean-Pascal van Ypersele précise que ces différentes évolutions climatiques devraient entraîner une baisse de la consommation energétique de la Belgique pour se chauffer, ainsi qu'une diminution du nombre de décès en hiver. Dans l'hypothèse d'un réchauffement ne dépassant pas les 3 degrés, le rendement de l'agriculture pourrait également y trouver un bénéfice. Maigres consolations et arguments trop faibles pour stopper Greenpeace dans sa lutte pour la réduction effective des émissions de gaz à effet de serre.
L'organisation écologiste a d'ailleurs saisi l'opportunité de cette récente étude pour, une nouvelle fois, sensibiliser le gouvernement fédéral belge et son nouveau ministre de l'environnement, M. Bruno Tobback.

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Glaciers du plateau Qinghai-Tibet en Chine
De nombreuses expéditions scientifiques ont été menées sur le plateau Qinghai-Tibet par l'Institut de recherche du plateau Qinghai-Tibet crée par l'Academie des Sciences de Chine en mars 2003.
Une expédition sino-nippo-américaine de 40 jours, composée de 40 scientifiques et divisée en deux équipes, démarrée le 11 aout 2004, a fait des recherches sur l'environnement et l'écosystème de cette province.
Le professeur YAO Tandong, directeur de l'Institut de Recherche du plateau Qinghai-Tibet et responsable de l'equipe Sud, a déclaré a Lhassa le 5 septembre 2004 que les glaciers de la région s'effondrent à une vitesse sans précédent à cause du réchauffement de la planète. Par ailleurs, un glacier a été découvert à 6100 m d'altitude sur le Mont Namnani dans l'Himalaya par une technique de radar. De 200 m d'épaisseur et recouvrant 20 km2, il s'agit du plus imposant glacier de ce type en Chine.
 
La planète se réchaufferait-elle plus vite que prévue ?
Une récente étude américaine, s'appuyant sur des relevés de l'observatoire de Mauna Loa à Hawai, montre une augmentation inexpliquée de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) mondiale au court des deux dernières années (2002-2003). En effet, au cours des décennies précédentes la quantitéde CO2 présent dans l'atmosphère augmentait de 1.5 ppm par an. Or en 2002 et 2003 son augmentation a été supérieure à 2 ppm. Certains phénomènes climatiques, tel qu'El Nino, pourraient expliquer ce phénomène mais aucun n'a eut lieu depuis 2001. Ainsi, la communauté scientifique s'interroge sur une éventuelle diminution de capacité d'absorption de CO2 par la planète.
Sir David King, Conseiller Scientifique en Chef de Tony Blair, a déclaré, lors d'une conférence organisée par Greenpeace, qu'aux vues des relevés de CO2 la menace était imminente et probablement plus proche qu'on ne le pensait. Une des conséquences possibles du réchauffement de la planète est la fonte de la calotte glaciaire qui résulterait en une élévation du niveau de la mer de 6 à 7 m. Lorsque la température moyenne du Groenland atteindra 2.7.C (actuellement 0.6.C) donc une concentration de CO2 de 500 ppm (actuellement 379 ppm), ce phénomène deviendra irréversible. Selon David King, si l'on considère une augmentation de l'ordre de 2 ppm par an non exponentielle, le point critique est estime à 60 ans. Il est à rappeler que la Grande-Bretagne pourrait connaître des inondations et des changements climatiques plus vite que prévus si aucune action n'est mise en place.
 
'El Nino' aurait un impact sur le climat de l'Europe du nord
Dans la période 1940-42, des hivers extrêmement froids se sont abattus sur le nord de l'Europe; la neige est tombée abondamment en Angleterre, la banquise atteignait la côte de la Norvège et même les écoles d'Oslo ont du fermer.
"Il est soupconné que ces hivers extrêmement froids aient été provoqués par le plus fort 'El Nino' que le monde a connu pendant le 20e siècle", divulgue Georg Hansen, de l'Institut norvégien de recherche atmosphérique. Les chercheurs de l'Institut polaire norvégien et de l'Université d'Oslo ont collaboré à une étude suisse parue dans Nature et ils pensent qu'un nouveau et puissant 'El Nino' induirait de nouveaux hivers glaciaux.
 
Faune et flore des Etats-Unis affectées
Le dernier rapport du Pew Center on Global Climate Change d’Arlington (Virginie) est très alarmiste et confirmes les craintes liées aux effets catastrophiques du réchauffement climatique. Il met en effet en évidence que la faune et la flore nord-américaines sont d’ores et déjà affectées par le réchauffement. Et il souligne que ces perturbations risquent de s’amplifier. Ce rapport, signé de Camille Parmesan (université de Texas-Austin) et de Hector Galbraith (université de Colorado-Boulder), synthétise les résultats d’une quarantaine d’études sur les "impacts observés" du changement climatique, au cours des vingt à cent dernières années, sur un large échantillon d’espèces animales et végétales de différentes régions des Etats-Unis.
Entre 1971 et 1998, la saison de reproduction du geai du Mexique (Aphelocoma ultramarina), étudié dans les montagnes du sud de l’Arizona, a ainsi été avancée d’une dizaine de jours, en corrélation avec la hausse des températures printanières. Certaines espèces s’accommodent de ce décalage. Certains papillons prennent leur envol deux semaines plus tôt que par le passé, au moment précis où les fleurs qu’ils butinent s’épanouissent, elles aussi, précocement. Mais d’autres lépidoptères, qui ne sont plus en phase avec les plantes dont ils dépendent, pourraient voir "leur population décliner". Autre conséquence : le déplacement vers le nord de l’aire de répartition de certaines espèces. C’est le cas d’un petit papillon aux ailes marbrées d’orange et de noir, l’Euphydryas editha, qui a disparu du sud-ouest des Etats-Unis. Cette migration s’accompagne parfois d’une compétition territoriale. Le renard roux (Vulpes vulpes), en poussant vers les latitudes nordiques, menace désormais le renard arctique (Alopex lagopus), plus petit et moins agressif que son rival, avec lequel de récentes études laissent penser qu’il ne peut coexister. De telles modifications de frontières ont été observées, au cours des dernières décennies, pour diverses espèces d’oiseaux, de mammifères, d’invertébrés, ainsi que de végétaux, ce qui "menace potentiellement"la biodiversité du continent nord-américain, met en garde le rapport.

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La piste cosmique se confirme
Si ce rôle déterminant des activités humaines sur le réchauffement climatique est de moins en moins contesté, il se pourrait que l'homme ne soit pas le seul responsable de cette évolution et que deux facteurs d'origine cosmiques, les rayons cosmiques galactiques, d'une part, et l'activité magnétique du soleil, d'autre part, jouent un rôle beaucoup plus important qu'on ne l'imaginait jusqu'à présent sur le réchauffement de notre planète.
 
"Quand bien même on prouverait une incidence de l'activité stellaire sur l'environnement, cela n'exonérerait en rien la responsabilité de l'homme et des émissions de gaz à effet de serre, dans le réchauffement accéléré constaté depuis un siècle. Ce serait même le contraire : à partir du moment où nous aurions la certitude que des phénomènes cosmiques influent, sur différentes échelles de temps, de manière puissante sur le climat, nous aurions encore d'avantage qu'aujourd'hui le devoir politique et éthique d'agir avec force, constance et détermination sur les facteurs d'influence climatique qui dépendent de l'Homme et de ses choix de civilisation.
René Tréguoët, sénateur du Rhône
 
Changement climatique mondial
Les chercheurs du NCAR mettent également l’accent sur la canicule historique que vient de connaître le Japon en juillet 2004: plus de 30° C pendant 38 jours consécutifs, ce qui a entraîné, comme en France l’été 2003, des dizaine de décès et 300 hospitalisations. Tokyo cet été, la France en 2003, Chicago en 1995 : si l’on en croit ces chercheurs du NCAR (Gerald Meehl et Claudia Tebaldi) les vagues de chaleur devraient s’intensifier au cours du XIXe siècle. Les deux chercheurs américains ont intégré dans leur modèle mathématique les événements climatiques extrêmes qu’ont connus Chicago en 1995 et Paris en 2003. Selon leurs prévisions climatiques, ces vagues de chaleur devraient être non seulement plus intenses et plus fréquentes, mais elles pourraient également durer plus longtemps. D’après le modèle climatique des chercheurs américains, qui suppose que les rejets de gaz à effet de serre poursuivront leur tendance actuelle, ces futures vagues de chaleur sont directement liées au changement climatique mondial.
 
Plus de tropiques
Selon les climatologues américains, entre 1979 et 2005, les zones tropicales du globe se sont élargies de 2° de latitude (225km). Ce qui pourrait expliquer, à leurs yeux, la diminution inhabituelle des précipitations ces dernières années dans les régions subtropicales du sud-ouest américain et du bassin méditerranéen en Europe.
 
Perturbations océaniques
Comme un malheur n’arrive jamais seul, une étude de l’Unesco vient de montrer qu’au cours des 50 prochaines années, les océans vont connaître une augmentation de leur acidité supérieure à toutes celles qu’ils ont subies au cours des derniers 20 millions d’années !
Selon cette étude, si la concentration de gaz carbonique atteint 800 ppm (parties par million) d’ici la fin de ce siècle, la dissolution de ce dioxyde de carbone dans les océans risque de diminuer la concentration en carbonates de 60 %, ce qui pourrait avoir des effets catastrophiques sur de nombreux organismes marins qui utilisent ces carbonates pour fabriquer leur squelette ou leur coquille calcaire. A terme, c’est l’ensemble de la chaîne biologique marine qui serait gravement affecté par cette augmentation excessive de l’acidité des océans.
 
Ozone à risque
Enfin, dernier signe alarmant révélé début août par une étude américaine, il y a aujourd’hui deux fois plus d’ozone dans la basse atmosphère de notre planète qu’au siècle dernier. Cet ozone de surface, contrairement à l’ozone de la stratosphère, entraîne des effets de plus en plus néfastes pour la santé humaine et notamment une diminution de la fonction pulmonaire les jeunes enfants. Cet ozone de surface s’attaque également à la végétation. Dans les années 50, on estime que seulement 9 % des forêts tempérées étaient touchées par des pics d’ozone. Un quart des forêts mondiales sont aujourd’hui concernées. En 2100, la moitié des forêts pourrait subir des dommages.
A forte concentration, l’ozone peut provoquer des maux de tête, une irritation des yeux et des poumons. Thomas Frischer, de l’université de Vienne (Autriche), a montré récemment que des jeunes enfants exposés à des périodes de pics successifs peuvent connaître au bout de trois ans un affaiblissement limité mais significatif de la fonction pulmonaire (1). Si l’impact de l’ozone sur la santé humaine est reconnu depuis peu en France, son action sur la végétation est en revanche largement ignorée. Dans leur tour d’horizon sur la pollution et la santé des forêts, le Canadien Percy et l’Italien Ferretti soulignent pourtant le fait que, parmi tous les polluants, c’est l’ozone qui risque de poser le plus de problèmes à l’avenir. De nombreuses expériences ont montré qu’à des concentrations supérieures à 60 ppb l’ozone provoque des lésions voire des nécroses aux feuilles des arbres et peut aussi freiner la végétation des plantes herbacées.
 
Campo de Hielo Norte
Des scientifiques du Chili, de France et des Etats-Unis mènent ensemble des missions de mesures en Patagonie afin de traquer des signes du changement climatique.
Du 15 au 30 mars 2005, l'équipe, composée de chercheurs du Centre d'Etudes Scientifiques de Valdivia (CECS), de l'Institut de recherche pour le Développement (IRD), de l'Université de Washington et du Laboratoire de Propulsion de la NASA (JPL) a exploré une zone de 4 000 km² de Campo de Hielo Norte. La mission a permis, notamment, de mesurer l'épaisseur du glacier San Rafael, qui diminue de 100m. tous les ans depuis 1970 et d'extraire un échantillon de glace de 15m. de large sur le mont San Valentin. Cet échantillon devrait permettre d'évaluer les conditions climatiques des dernières décennies. L'objectif par la suite (vraisemblablement pour l'été 2005) est de perforer la glace jusqu'à 200m. pour obtenir les données climatiques des 200 dernières années. Les résultats seront comparés avec ceux obtenus au cours de missions en Antarctique. Les mesures effectuées à Campo de Hielo Norte sont généralement plus difficiles à réaliser car les masses de glace sont plus instables, car moins froides. Mais les données obtenues devraient être d'une plus grande précision.
 
Observatoire des changements écologiques
Des scientifiques de l'Université de Cranfield viennent de montrer que l'augmentation des températures en Grande-Bretagne provoque une libération de larges quantités de dioxyde de carbone par les sols, ce qui contribue à accélérer encore le réchauffement de la planète.
Ils basent leurs analyses sur des échantillons de sols collectés en Angleterre et au Pays de Galles pendant les 25 dernières années. Cette étude des sols est unique au niveau international. Les résultats indiquent clairement une perte de la concentration de carbone de 0.6% par an, ce qui représente une perte de quatre millions de tonnes de carbone/an (valeur moyenne sur les 25 ans). Étendu à l'ensemble du Royaume-Uni, ce résultat est d'environ 13 millions de tonnes de carbone perdues par les sols britannique chaque année. Cette quantité perdue est supérieure à celle de la diminution des émissions de CO2 qui est de 12,7 millions de tonnes par an, résultant de l'application du protocole de Kyoto. Cependant, les scientifiques ne peuvent pas affirmer avec exactitude où est passé le carbone. Une partie a dû être lessivée par la pluie et s'être ainsi déplacée dans des couches terrestres plus profondes ou dans des nappes souterraines. Mais, il semblerait que le carbone aurait davantage tendance à s'évaporer dans l'atmosphère sous forme de dioxyde de carbone, le principal gaz à effet de serre.
Certaines études, réalisées à moindre échelle, ont déjà observé ce phénomène, mais il a été expliqué par le changement d'utilisation des sols (culture/zone boisée par exemple), Néanmoins, la perte en carbone a été constante sur ces sols malgré la modification chimique de ses constituants. Une autre explication serait d'ordre climatique : en effet les températures ont augmenté de 0.5°C en Angleterre et Pays de Galles ces 25 dernières années. Ce phénomène semblant s'amplifier avec la température, la quantité de gaz à effet de serre émis augmente, créant ainsi un cercle vicieux.

"Si les mécanismes que nous décrivons sont corrects, cela va apparaître dans d'autres pays tempérés." signale le professeur Guy Kirk de l'Université de Cranfield.
"Cela va être plus important dans les pays tempérés que sous les tropiques car les trois quarts du carbone mondial contenu dans les sols sont situés dans ceux des pays tempérés.". Detlef Schulze et Annette Freibauer de l'Institut Max-Planck de Biogéochimie à Jena, Allemagne, disent que
"les implications scientifiques et politiques de ces résultats sont considérables." et
"ces pertes modifient complètement les précédents acquis technologiques en terme de réduction de CO2, relativisant le succès de la Grande Bretagne pour la réduction d'émission de gaz a effet de serre.".
"Nos résultats suggèrent que la part du sol dans le processus est plus importante qu'on ne pensait." dit le Professeur Kirk, "En conséquence, il est de plus en plus urgent de faire quelque chose car le réchauffement de la planète va s'accélérer.".
 
Le soleil serait innocent
La luminosité du Soleil (l'énergie qu'il dégage), augmente ou diminue d'un peu moins de 0,1 % selon le cycle des taches solaires. En remontant ce cycle jusqu'à l'an 1 000, les chercheurs expliquent qu'ils n'ont pu "trouver aucune preuve de variations de la luminosité du Soleil d'une amplitude suffisante pour provoquer des variations du climat significatives à une échelle de cent, mille ou même un million d'années", estiment les auteurs de cette étude, des chercheurs américains, suisses et allemands. L'un d'eux, Tom Wigley, confirme que "l'action de l'homme a de loin surpassé les changements de la luminosité du soleil pour ce qui est du changement climatique".