Ragnarök, ou le Crépuscule des dieux
La petite histoire
Comprendre simplement
Domaines de présence
Son interprétation dans l'avenir
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La petite histoire  Up Page
Origine, raisons, hasard
Pour les Germains et les autres peuples du Nord, la fin du monde était symbolisée par le Ragnarök, ou Crépuscule des dieux. Cette catastrophe cosmique de grande ampleur est racontée en détail (mythologique, pas scientifique !) dans le poème intitulé la Voluspa et qui fait partie du grand ensemble de l'Edda. De ce récit complexe qui met en place de nombreux dieux, nous retiendrons les quelques extraits représentatifs suivants:
"Au Sud apparaît Surt, que suit la troupe innombrable des géants du feu; son épée lance des éclairs; tout autour de lui des flammes jaillissent du sol crevassé. A son approche les rochers s'écroulent, les hommes s'affaissent sans vie. La voûte du ciel, ébranlée par le tumulte de cette armée en marche, embrasée par l'haleine de fournaise qui l'environne, éclate en deux…
Les grands dieux sont morts. Et maintenant que Thor, protecteur des demeures humaines, a disparu, les hommes sont abandonnés; il leur faut quitter leurs foyers ; la race humaine est balayée de la surface de la terre. La terre elle-même va perdre sa forme. Déjà les étoiles se détachent du ciel et tombent dans le vide béant... Le géant Surt inonde de feu la terre entière ; l'univers n'est plus qu'un brasier; des flammes jaillissent de toutes les fentes des rochers; la vapeur siffle de toutes parts; toute plante, toute vie sont anéanties; seul le sol nu subsiste...
Et voici que toutes les mers, que tous les fleuves débordent. De tous côtés les vagues pressent les vagues. Les flots, qui se gonflent en bouillonnant, recouvrent peu à peu toutes choses. La terre s'enfonce dans la mer. L'immense champ de bataille où s'étaient affrontés les maîtres de l'univers cesse d'être visible.
Tout est fini. Et maintenant tout va recommencer. Des débris du monde ancien naît un monde nouveau."

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Les pays du neuvième cercle

Pour les Égyptiens du XIIIe siècle avant notre ère, le monde se divisait en dix arcs. Le 9e arc était la région occupée par les Peuples du Nord et le 10e arc correspondait à la colonne du ciel. Les Égyptiens de l’époque de Ramsès III sont formels : ce sont les ravages causés par Sekhmet qui obligèrent ces Peuples du Nord à abandonner leurs contrées devenues invivables. C’est l’épisode du Ragnarök de la mythologie germanique et scandinave.
Le neuvième cercle concernait les pays de l'extrême nord de la Terre connus à cette époque, c'est-à-dire la Suède, la Norvège, le Danemark, l'Allemagne du Nord et aussi l'Islande actuelles.

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Sekhmet, Phaéton, Absinthe, Surt et les autres
Pour ce qui est de la période incriminée, le mérite en revient essentiellement au théologien et archéologue allemand Jürgen Spanuth (1907-1998) qui a étudié cette période troublée avec beaucoup de pertinence. Cet auteur, à la recherche après beaucoup d'autres de l'Atlantide, a cherché à démontrer que les fameux Peuples de la Mer, dont il est longuement question dans les textes gravés de Médinet Habou, ont été chassés de leur région d'origine (un ancien empire de la côte occidentale du Schleswig-Holstein en Allemagne du Nord, partiellement englouti aujourd'hui dans la mer du Nord) à la suite du cataclysme cosmique dont nous parlons. Spanuth, en se basant sur des calculs de l’astronome allemand Mario Zanot, imputait ce cataclysme à un passage très rapproché de la comète P/Halley en –1226 et à un impact d'un fragment de cette comète qu'il pensait être Phaéton (rebaptisé Surt dans la mythologie germanique et nordique), dont la légende transmise par Ovide est parvenue jusqu'à nous.
 
Disons tout de suite que cette quasi-collision entre la Terre et P/Halley supputée par Zanot et retenue par Spanuth est exclue. Par contre, Phaéton est l'un des noms associés à la catastrophe cosmique, avec de nombreux autres dont les plus connus sont Typhon en Grèce, Anat en Syrie, l'étoile de Baal en Canaan (Palestine et Phénicie), Absinthe (l'étoile de l'Apocalypse) chez les Hébreux, Surt dans les pays du nord et surtout Sekhmet en Égypte. Nous garderons ce dernier nom, pour continuer l'histoire, car ce sont les textes égyptiens qui, grâce surtout à un passage capital des fresques de Médinet Habou, permettent de démontrer que c'est un même cataclysme qui a concerné l'Égypte et les pays du Nord.

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Lybie, un désert
Spanuth explique dans son livre, en citant de nombreuses sources de différentes époques, les raisons qui lui permettent de dater (approximativement) la collision et sa relation avec la comète Phaéton.
Il est possible de dater les catastrophes naturelles rapportées par cette légende car il y est dit, par exemple, que "la Libye devint un désert" et que, parmi de nombreux autres fleuves, "le Nil fut mis à sec".
Ces deux événements ne sont rapportés qu'une seule fois dans les textes de l'ancienne Égypte. Dans l'inscription de Karnark on trouve, pour la cinquième année du règne de Merenptah (1232-1222 avant J.-C.) : "La Libye est devenue un désert infertile, les Libyens viennent en Egypte pour chercher la nourriture de leur corps" (Hölscher, 1937).
Ramsès III rapporte, dans les textes de Médinet Habou : "La Libye est devenue un désert, une redoutable torche lança les flammes du ciel pour détruire leurs armes et pour ravager leur pays... Leurs os brûlent et grillent dans leurs membres".
Il est dit également dans les textes de Médinet Habou que le Nil aurait été asséché. On y lit entre autres : "Le Nil était asséché et le pays était livré à la sécheresse".
Dans les textes de Séti II (vers 1215-1210 avant J.-C.), on trouve : "Sekhmet était une étoile qui tournait en lançant des flammes, une gerbe de feu tempétueuse" (Breasted, Ancient Records of Egypt, 1906-07).
Dans une inscription de Ougarit (Ras Shamra) datée de l'époque qui précéda de peu la destruction de la ville au cours du derniers tiers du XIIIe siècle avant J.-C., on trouve "L'étoile Anat est tombée du ciel, elle a massacré la population du pays syrien et elle a inverti le crépuscule ainsi que la position des étoiles" (Bellamy, 1938).
Ce passage contient une information capitale : la collision aurait eu lieu lors de la cinquième année du règne de Merenptah. Selon les Égyptologues modernes, il aurait eu pour successeurs directs Amenmès et Séthi II. Or ce dernier a laissé le texte rappelé ci-dessus et est donc obligatoirement postérieur au cataclysme. On voit que maintenant la fourchette est étroite et l'impact, comme tout le laisse à penser, a bien eu lieu dans le dernier tiers du XIIIe siècle avant J.-C.

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La trajectoire de Sekhmet
Sekhmet venait de l'océan Indien et suivait une trajectoire sud-est/nord-ouest. Première chose quasi certaine : la collision a eu lieu de jour.
On signale d'abord son passage en Éthiopie et en Arabie. Apparemment, l’objet cosmique, qui a probablement subi une première fragmentation partielle en traversant les hautes couches de l’atmosphère, continue de se disloquer, de s'émietter et perd une partie substantielle de sa matière, probablement de couleur rouge, puisque c'est à cette époque que l'Érythrée et la mer Rouge vont recevoir leur nom. Les morceaux de Sekhmet, qui a déjà la forme d'un dragon du fait qu'il est suivi d'une épaisse et longue traînée de poussières, s'écartent un peu les uns des autres grâce à l'effet fusée. L'un de ceux-ci explose au-dessus de la Libye (qui devient définitivement désertique seulement à cette époque) et un autre au-dessus de la Syrie (qui est victime d'incendies gigantesques). Un troisième fragment tombe peut-être dans la Méditerranée (c'est l'épisode biblique du puits de l'abîme, un l’impact suivi d’une éruption) et cause des séismes et un tsunami.
Mais le corps principal continue sa route vers le nord-ouest, passe au-dessus de la Grèce, brûlant plusieurs régions (Sodome, Gomorrhe, Adma et Seboïm) et entraînant en définitive la disparition de la culture mycénienne. On perd alors sa trace, mais en fait Sekhmet survole l'Europe centrale (où les Celtes et d'autres peuples sont des témoins effrayés qui conserveront une peur panique, quasi maladive, des dangers venant du cosmos), puis l'Allemagne du Nord et le sud de la Scandinavie (c'est l’épisode du Ragnarök rappelé au chapitre 1, avec Surt arrivant du sud avec les Géants du feu), avant d'exploser ou de heurter l'océan Atlantique ou la mer du Nord. Cet impact final pourrait avoir été multiple, si les Géants du feu de la légende constituaient de nouveaux fragments de l’objet principal.
 

La flèche indique la trajectoire sud-est/nord-ouest suivie par Sekhmet. Les divinités dont les noms sont indiqués sont associées au cataclysme de la fin du XIIIe siècle avant J.-C. L’épopée du Ragnarök concerne tout le nord-ouest de l’Europe (mythologie germanique et scandinave) et date de la même époque comme l’a montré J. Spanuth.
 
Les peuples de la mer
S'il y a eu seulement désintégration dans l'atmosphère au stade final (au lieu de l'éventuel impact, car frôlement), il est quasiment sûr qu'un gigantesque tsunami se forme et revient vers l'Europe. C'est lui qui balaie l'empire englouti de la mer du Nord cher à Spanuth, peut-être à la suite d'un bouleversement isostatique post-impact (la région se serait enfoncée soudainement de dix mètres d'après certains géologues) et qui pousse les Peuples du Nord à un exil forcé vers le sud de l'Europe, comme le racontent les prisonniers de Ramsès III sur les fresques de Médinet Habou. L'épopée du Ragnarök a conservé tous ces divers stades du drame cosmique (et surtout humain), qui ont été transmis par la suite de génération en génération.
Le fait que cette orbite intra-atmosphérique soit possible, et il suffit de regarder un atlas pour s'en persuader, est très important, car une mauvaise répartition des zones géographiques sinistrées exclurait une catastrophe unique. Pourtant, une telle catastrophe unique est probable, car les récits de catastrophes transmis par les Anciens se rapportent à une même époque.
L'hypothèse de la comète active, du noyau de comète, ou de l’objet mixte permet d'expliquer assez bien les diverses conséquences associées à Sekhmet. L'extrême chaleur constatée serait due à l'échauffement progressif du corps céleste (qui aurait atteint plusieurs milliers de degrés) et aussi à la formidable onde de choc qui l'accompagnait et qui aurait créé des désordres atmosphériques sérieux (ouragans, etc.). Le bruit infernal, les séismes, les explosions, les ténèbres, les incendies gigantesques, les tsunamis, le tarissement et l'empoisonnement des fleuves (le Nil fut asséché d'après Ovide) s'expliquent fort bien, de même que le monde rouge qui a tant étonné les Anciens.
Les multiples mouvements de populations constatés en cette fin de XIIIe siècle avant J.-C. s'expliquent également. Ces peuples furent conduits à l'exil parce que leurs ressources naturelles habituelles étaient détruites ou empoisonnées, la géographie chamboulée. Pour survivre, il fallait partir ailleurs, quitter sa région, souvent sans espoir de retour, et automatiquement se frotter aux autochtones qui voyaient d'un bien mauvais œil des étrangers émigrer sur leurs terres. De tels exodes massifs débouchent obligatoirement sur la guerre et sur une refonte des sociétés humaines. Tout cela est observé à la fin de XIIIe siècle. En une seule génération souvent, on note des transformations inexplicables si on ne prend pas en compte les conséquences du drame cosmique. Comme l'ont si bien dit les Égyptiens du temps de Ramsès III, une trentaine d'années seulement après le cataclysme, et dont beaucoup avaient été les témoins oculaires :
 

Le cataclysme de la fin du XIIIe siècle avant J.-C. a causé partout sur son passage la désolation et la misère, ruinant et chassant des peuples entiers de leurs terres ancestrales. Certains de ceux-ci se regroupèrent pour former les fameux Peuples de la mer, cohorte hétéroclite de guerriers en quête de nouveaux territoires. Ce personnage qui figure sur les bas-reliefs de Médinet Habou a une coiffe caractéristique des peuples germaniques, comme l’a montré J. Spanuth et est probablement venu des contrées du nord-ouest de l’Europe. On sait par les textes que les pays du neuvième cercle ont été totalement dévastés par un grand cataclysme : le Ragnarök, parvenu jusqu’à nous sous forme de mythe.
 
Comètes et prodiges
Pline l'Ancien (23-79) dans le livre II de son Histoire Naturelle, au chapitre "Comètes et prodiges", parle de Typhon. En accord avec tous les autres auteurs scientifiques de l'Antiquité, il le considère comme une comète.
"Les peuples d'Éthiopie et d'Égypte connurent une comète terrible, à laquelle Typhon, roi de ce temps-là, donna son nom : d'apparence ignée et enroulée en forme de spirale, effrayante même à voir, c'était moins une étoile qu'un vrai nœud de flammes."
 
Dans la mythologie grecque, il existe deux légendes célèbres, surtout connues par les textes classiques d'Hésiode (VIIIe siècle) et d'Ovide (43 av. J.-C.-18). Apparemment, elles n'ont rien à voir entre elles. Pourtant, il paraît fort probable qu'elles se rapportent toutes deux au cataclysme cosmique de la fin du XIIIe siècle qui a eu des conséquences humaines et historiques très sérieuses.
Hésiode raconte dans sa Théogonie qu'à la suite d'une guerre entre Zeus et les Titans, guerre qui faillit détruire l'univers, un monstre flamboyant surmonté de cent têtes et baptisé Typhon (ou Typhée) fit son apparition dans le ciel, effrayant les populations. Zeus dut intervenir une nouvelle fois pour sauver le monde.
La légende de Phaéton est l'un des meilleurs contes d'Ovide qui en fit une des pièces maîtresses de ses Métamorphoses. Mais cette légende était bien antérieure à Ovide. Phaéton était le fils du Soleil. Pour satisfaire son orgueil, il demanda à son père de conduire son char l'espace d'une journée à travers le ciel. Entreprise démesurée qui se termina par une catastrophe cosmique, puisque le char de Phaéton quitta la route habituelle et se précipita vers la Terre. Là encore, Jupiter fut obligé d'intervenir pour sauver le monde et la race humaine.