Morphogenèse
La petite histoire
Comprendre simplement
Domaines de présence
Son interprétation dans l'avenir
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Mais encore
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La petite histoire  Up Page
Définition
On peut définir la morphogenèse comme le processus consistant à créer des formes. Mais le concept de forme n'a rien de rigoureux. Il peut désigner l'aspect extérieur d'un objet, tel qu'il apparaît à nos organes sensoriels et ce, indépendamment de la nature de cet objet. Ainsi un cristal de neige et une étoile de mer possèdent une forme dite en étoile.
 
Type de forme
On appellera forme, les divers objets, non-vivants et vivants, existant dans la nature et identifiés par nous, compte tenu à nouveau de ce qu'en perçoivent nos sens après reconstruction par notre cerveau.
Le terme de morphogenèse désigne d'abord les mécanismes naturels producteurs de formes: réactions physiques ou chimiques donnant des minéraux de formes et de couleurs différentes ou comparables, influence des vents sur la mer ou le désert productrice d'ondes, évolution des génomes produisant des êtres vivants aux propriétés diverses, etc. Celui qui observe la variété des formes dans le monde et cherche à en comprendre les raisons doit impérativement identifier ces mécanismes naturels et comprendre la façon dont ils agissent pour produire des formes bien déterminées.
Une fois que la science commence à comprendre la façon dont la nature a sélectionné certaines formes et pas d'autres, aussi bien dans le monde physique que dans le monde biologique, elle s'applique à transposer les mécanismes correspondants en vue de résoudre des problèmes d'ingénierie - c'est-à-dire intéressant la fabrication d'artefacts, outils ou objets finaux.

Comprendre simplement  Up Page
Morphogenèse artificielle
Dans ce cas, le terme de morphogenèse peut désigner l'activité des bureaux d'étude qui visent à produire ces artefacts. Ceux-ci sont parfois loin des formes existant dans la nature. C'est le cas de la bionique, dont l'activité consiste à comprendre les produits de la morphogenèse naturelle à l'œuvre dans le domaine biologique et copier ceux qui paraissent intéressants au profit de dispositifs artificiels.
On considère généralement que l'évolution des systèmes physiques comme celle des systèmes vivants ont produit des solutions optimisées, c'est-à-dire offrant le meilleur emploi possible des ressources naturelles au regard des contraintes s'imposant à ces systèmes. Il est donc tentant de transposer dans le cadre de la morphogenèse artificielle les méthodes optimisées de la morphogenèse naturelle.

Domaines de présence  Up Page
Champ morphique
Rupert Sheldrake, comme bien d'autres avant lui, avait noté l'étonnante convergence de certains formes naturelles, à travers des organisations physiques ou biologiques sans communes mesures. Aujourd'hui, on considère que ces convergences résultent de lois simples s'appliquant de façon identique, indépendamment des phénomènes, qu'il s'agisse du monde physique (tourbillons dans l'atmosphère ou dans les rivières), du monde biologique et même du monde des systèmes artificiels tels les automates cellulaires. Il n'y a pas une "essence" de la forme qui tendrait à s'incarner ou s'imposer à travers des milieux ou substrats différents.
Ce n'est pas pourtant ce que pensait Sheldrake. Certaines formes, selon lui, parce que proches d'une perfection idéale, constituent des sortes de bassins d'attraction ou "champs morphiques" qui contraignent le développement des systèmes en leur imposant des plans d'organisation ou des procédures communes. Mais d'où viendraient ces formes, sinon d'idées ou d'essences extérieures au monde des phénomènes et susceptible de donner une finalité métaphysique à l'évolution? Cette perspective n'est pas acceptable aujourd'hui par la science.

Son interprétation dans l'avenir  Up Page
Prédisposition
Rupert Sheldrake, biochimiste à l'université de Cambridge, a attiré l'attention du public sur des énigmes similaires à la théorie de Bohm ("Réalité multidimensionnelle supérieure" ), voulant que la race humaine n'est peut-être qu'en seul et même organisme. Sheldrake pense qu'elle ne peuvent être expliquées que si l'on postule un nouveau type de champ ("Champs morphogénétiques") que n'a encore reconnu aucune science. La théorie de Sheldrake, contrairement à celle de Bohm, est formulée de façon expérimentalement vérifiable et des expériences ont déjà été effectuées; leurs résultats suggèrent que le biochimiste pourrait avoir raison.
 
Dans son ouvrage paru en Angleterre en 1981 ("A New Science of Life"), Rupert Sheldrake suggère que chaque génération d'individus acquiert, par rapport à la génération précédente, une prédisposition à l'utilisation d'un savoir technique.
Sheldrake propose donc l'existence d'un nouveau champ, d'une force mystérieuse qui, dit-il, connecterait chaque individu avec tous ceux de son espèce. Au-delà, il suggère que chaque espèce pourrait être dotée d'un "esprit collectif" susceptible d'apporter une base scientifique à la compréhension de certains phénomènes psychiques.
 
Parmi ses interrogations (régénération, régulation, reproduction), celui que pose la morphogenèse (du grec morphe, signifiant forme, et genesis, signifiant naissance). Il s'agit de savoir comment les formes vivantes viennent à exister.
L'approche mécaniste nous a appris que l'ADN de chacune de nos cellules contenant une information codées qui décrit la façon dont les protéines de notre corps sont assemblées. La convention consiste donc à dire, sur le plan scientifique, que l'ADN peut être considéré comme un code. Il faut noter que le code génétique des cellules constituant un organisme vivant donné est rigoureusement le même pour toutes.
Lorsqu'un œuf fertilisé commence à se transformer en fœtus, les cellules qui le composent sont indifférenciées; cependant, tandis que la masse cellulaire continue à se diviser, les cellules s'agencent progressivement de façon à produire un embryon; certaines cellules deviennent alors des cellules cardiaques, tandis que d'autres formeront le cerveau.
La question est de savoir comment une cellule connaît son destin. Comment une cellule du cœur sait-elle lire, sur l'ADN, la seule information qui lui indique de quelle façon devenir une cellule du cœur.
 
Alan Turing: Intelligence artificielle et morphogenèse
Quand l'hydre d'eau douce, Hydra, se scinde en deux ou trois morceaux, chacun d'eux peut régénérer un nouvel individu. Cet animal capable de se reproduire indépendamment du sexe intriguait Alan Turing depuis son enfance. Quelques années avant sa mort, il modélisa mathématiquement la croissance des formes de ce petit polype pendant son développement.
L'étude de l'Hydra se rattachait à son projet théorique fondamental: tenter une modélisation de nos procédures de pensée. Comme il disait par boutade: "Construire un cerveau".
C'est à ce projet qu'on donnera en 1956, deux ans après sa mort, le nom d' "Intelligence artificielle".
L'étude de la morphogenèse serait ainsi comme le pendant matériel de l'intelligence artificielle: les rapports des lois physiques et du milieu biologique auto-organisé seraient envisagés par la première au sein du monde physique, et par la seconde d'un point de vue purement mental.
En 1927, Turing rencontre Christopher Morcom dont il tombe éperdument amoureux. Ensemble, ils étudieront le traitement mathématique des réactions chimiques, au moyen d'équations différentielles.
Rappelons qu'à l'époque de son travail sur la morphogenèse, il fut condamné (du fait de son homosexualité) à une castration chimique sous la forme d'injection d'hormones, qui le rendit temporairement impuissant. Il se suicide en juin 1954.
Ceci explique pourquoi Turing s'est intéressé à la morphogenèse, mais aussi pourquoi il s'est intéressé en même temps à la morphogenèse et à l'intelligence artificielle. Pour lui, ces deux domaines étaient indissolublement liés.

Les références  Up Page
Réseau Pepe
Automates intelligents
Univers: Dieu ou Hasard Michael Talbot
La Recherche (AFP)
 
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Je crois que, si les êtres humains que nous sommes ne parviennent pas toujours à évoluer comme ils le souhaiteraient _à s'épanouir professionnellement, sentimentalement et sexuellement (ce que j'appelle les trois pôles d'intérêts) c'est parce qu'il y a des barrages qui entravent leur désir d'accéder à un rêve inachevé. Je pars du principe que tout est possible, à condition de s'entourer de gens qui nous poussent à croire en nous.
 
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Mais encore  Up Page
Observateurs
Rupert Sheldrake
Cette théorie entend rendre compte aussi bien de la stabilité des caractéristiques morphologiques des différentes espèces minérales, végétales ou animales (dont l'homme), que de leurs comportements habituels; processus de la conscience inclus pour les plus développées d'entre elles. À ce propos Sheldrake donne un petit coup de griffe à la théorie holographique de Pribram, qu'il considère comme "une vague spéculation". C'est le même reproche qu'on lui adresse parfois, tant l'abstraction de ses thèses en déroute plus d'un. D'ailleurs, il faut préciser que la structure évoquée ici, le champ morphogénétique, est bien entendu immatérielle et serait formée d'ondes dépourvues d'énergie mesurable. Pourtant, ces ondes n'en dessineraient pas moins une empreinte durable, une sorte de moule invisible, dans lequel se développerait la forme spécifique à venir.
 
W.E. Agar
Le chercheur australien effectua une série d'expériences sur des rats. Il fut stupéfait de constater que des rats de lignées génétiques totalement différentes, développaient les mêmes aptitudes. La transmission génétique du savoir était ici impossible.
L'hypothèse des champs morphogénétiques, de Sheldrake serait une éventuelle possibilité.
 
Carl Gustav Jung (1875-1961)
Le tout est plus que la somme des parties. Il remet en cause également l'aspect purement mécanique de la biologie au profit d'une causalité formative à la base de la morphogenèse, la biochimie et la génétique n'intervenant qu'à posteriori.
Cette causalité formative s'exprimerait par les champs morphogénétiques. Les champs morphiques façonneraient les atomes, les molécules, les cristaux, les organelles, les cellules, les tissus, les organes, les organismes, les sociétés, les écosystèmes, le système planétaire, le système solaire, la galaxie etc.
Dans cette complexité croissante, les champs morphogénétiques contiendraient une mémoire inhérente acquise par un processus de résonance morphique, composant la mémoire collective de chaque espèce (idée émise par l'éminent psychologue suisse Carl Gustav Jung ).
Ainsi, le cerveau, trop petit pour contenir la mémoire, n'est pas un organe de stockage mais un organe de liaison avec la banque de données du champ morphogénétique dans laquelle se mêlent passé, présent et futur.
 
Observations
Les passereaux
Mais il y a aussi cette curieuse histoire, bien connue des milieux de l'éthologie et de l'ornithologie, à laquelle la théorie de Sheldrake pourrait servir de cadre. Il y a quelques années de cela, en Grande Bretagne, de petits passereaux avaient découverts un moyen très économique de prendre leur petit déjeuner. Ils perçaient de leur bec les capsules des bouteilles de lait déposées de bonne heure par le livreur devant la porte des abonnés. Au début, ce comportement ne mettait en scène qu'un nombre limité d'oiseaux et de maisons dans un seul village, donc dans une zone bien circonscrite. Puis, conformément à la théorie de Sheldrake, ce goût pour un "breakfast" bon marché se répandit progressivement à tout le comté et devint un comportement normal pour l'ensemble de ces passereaux. Tant mieux me direz-vous pour ces petits oiseaux qui, en définitive, ne dérobaient pas de grandes quantités de lait. Certes! Pourtant les autorités sanitaires du pays s'alarmèrent. Non pas à cause du préjudice matériel, mais parce que l'on avait découvert que le lait de certaines bouteilles ainsi décapsulées était contaminé par un germe aviaire transmissible à l'homme. Et cette contamination avait été à l'origine d'une épidémie parasitaire affectant bon nombre d'habitants de la région.
 
Les rats
Prenez la diffusion de l'apprentissage d'un nouveau comportement chez l'animal; thème qui fournit de savoureuses anecdotes aux éthologues. C'est le cas de ces rats de laboratoire auxquels on a fait parcourir un labyrinthe classique et qui réalisaient progressivement de meilleures scores en trouvant de plus en plus vite le bon itinéraire. Rien d'exceptionnel jusque là, penserez-vous, puisqu'ils apprennent à chaque passage dans le labyrinthe et mémorisent de mieux en mieux le parcours qui les mènera, de plus en plus rapidement, vers la nourriture déposée à l'autre extrémité.
D'accord avec vous pour les rats qui ont testé le labyrinthe à plusieurs reprises. Mais là où cela devient assez déroutant c'est lorsque, par la suite, on a recommencé l'exercice avec de jeunes rats inexpérimentés; c'est le mot juste, puisqu'ils n'avaient jamais participé à cette expérience. En toute logique, le score de ces rats, qui s'aventuraient pour la première fois dans le labyrinthe, aurait dû se situer dans un ordre de grandeur équivalent à celui des premiers essais de leurs aînés qui avaient effectué ce même trajet lors des séances antérieures. Il n'en fut rien, et le score obtenu d'emblée par la seconde escouade s'avéra nettement supérieur à ce que l'on pouvait attendre.
 
Les corps chimiques
Considérons un corps chimique organique récemment synthétisé et n'ayant jamais existé auparavant. Selon l'hypothèse de la causalité formative, sa forme cristalline est imprévisible et aucun champ morphogénétique n'existe encore pour cette forme. Mais après la première cristallisation, la forme de son cristal influencera les cristallisations subséquentes par la résonance morphique et plus il aura de cristallisations plus l'influence deviendra puissante. La substance ne cristallisera donc pas aisément la première fois, mais ensuite la cristallisation se déroulera de plus en plus facilement puisque le nombre croissant de cristaux antérieurs participera à son champ morphogénétique par la résonance morphique.
Des chimistes, qui ont synthétisé entièrement de nouveaux corps chimiques, éprouvent souvent les plus grandes difficultés à obtenir la première cristallisation de ces substances. Elles cristallisent cependant de plus en plus facilement par la suite.
 
La conscience
Tout ceci est peut-être passionnant, mais quel rapport avec la conscience? L'existence des champs morphogénétiques signifierait que l'information du Tout est immanente au cosmos, comme le suggéraient déjà Bohm ou Pribram avec des formalismes différents. Cette information proviendrait d'une mystérieuse structure conservant la trace de la vibration caractéristique -- la résonance morphique -- de toute chose ou événement qui a existé. Elle porterait même en elle, dans des germes morphiques, les potentialités de tout ce qui reste à créer.