Grotte
Mayenne-Sciences
(Thorigné-en-Charnie, France)
La petite histoire
Comprendre simplement
Domaines de présence
Son interprétation dans l'avenir
Les références
Mais encore
by Pepe ©
 
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La petite histoire  Up Page
Origine, raisons, hasard
Le site des grottes de Saulges, qui comprend plusieurs cavités dans la vallée de l'Erve, a été rapidement fouillé entre 1870 et 1880, par Chaplain-Duprac et quelques érudits locaux, dont Ida de Boxberg, perceptrice des enfants du marquis de la Rochelambert et de la comtesse de la Poëze, et l'Abbé Maillard, curé de Thorigné-en-Charnie, puis dans les années 1930 par le préhistorien Raoul Daniel.
C'est le 11 juin 1967, qu'à la surprise générale, des peintures préhistoriques ont été découvertes dans une grotte en Mayenne, à Thorigné-en-Charnie. Roger Bouillon et son équipe de spéléologues Mayenne-Sciences ont désobstrué un étroit passage dans le Porche de la Dérouine, qui les a menés dans la grotte qui porte désormais leur nom. Personn n'imaginait trouver une grotte ornée aussi à l'ouest.

Comprendre simplement  Up Page
La Vallée de l'Erve
Il est difficile d'imaginer, quand on parcourt la vallée de l'Erve, qu'il y a 20 000 ans, les animaux, les paysages et la situation géographique de la région étaient si différents. Pourtant, les ossements découverts dans les grottes de la vallée attestent que les hommes qui ont dessiné un mammouth dans la grotte Mayenne-Science côtoyaient bien ce pachyderme en Mayenne.
D'abord, la Manche n'existait pas à cette époque car le niveau de la mer se trouvait cent mètres plus bas qu'actuellement. En effet, une importante quantité d'eau, piégée au niveau des pôles et sur les continents sous forme de glace, faisait alors défaut dans les mers.

Domaines de présence  Up Page
Monde présent
Les ossements de mammouths et de rhinocéros laineux ramenés des fonds de la Manche et de la mer du Nord dans les filets de pêche indiquent bien que durant maximum de froid de la dernière période glaciaire, des steppes s'étendaient à la place de ces mers. Ensuite, la faune dite "froide" découverte en Mayenne, composée du mammouth, du rhinocéros laineux, du cheval, du bison des steppes, du renne et de la marmotte, implique un paysage très ouvert et un climat rigoureux avec une couverture neigeuse systématique en hiver. Enfin, si la vallée de l'Erve, avec ses falaises et ses grottes, représentait une zone d'habitat privilégié pour les chasseurs du Paléolithique supérieur, particulièrement pour y passer l'hiver, ceux-ci disposaient de vastes territoires de chasse sur les plateaux découverts environnants où leurs principaux gibiers, rennes et chevaux en troupeaux, ne manquaient pas.
Mais combien plus impressionants devait être les troupeaux de mammouths ! La question de la réalité de la chasse de cet éléphant parfaitement adapté au climat "sibérien" reste contreversée, mais il est logique de penser que des hommes du Paléolithique supérieur, aux capacités technologiques développées et dont l'économie était fondée pour une grande part sur l'exploitation de cet animal en Europe de l'Est, avaient la capactité de le chasser. Les hommes de Cro-Magnon de la vallée de l'Erve travaillaient l'ivoire de mammouth. Il est également fort probable que cet animal était pour eux une source de nourriture.
La "faune" n'avait pas que l'homme pour prédateur. Le loup, qui a fréquenté le bocage mayennais jusqu'à la fin du XIX ième siècle, était déjà présent dans la steppe mayennaise il y a 20 000 ans et les grottes de l'Erve étaient fréquentées par la hyène et l'ours des cavernes.

Son interprétation dans l'avenir  Up Page
Monde futur
La grotte Mayenne-Sciences, comme celle plus récente de Rouffignac, est un bel exemple d'art de la silhouette. Son style peut se résumer en un figuratif synthétique, avec un traitement des figures en simple silhouette en profil absolu, sans extrémités ni œil, ni commissure des lèvres, ni poil, en perspective semi-tordue pour les encornures de bovidés et l'oreille des chevaux, plaquée en avant de la ligne du toupet. La ligne du bas du ventre en "M", la crinière en cimier (ou "en marche d'escalier") des chevaux qui sont par ailleurs pourvus d'un "bec de canard" achève le portrait de figures que l'on peut rattacher sans trop de peine à une phase ancienne, antémagdalénienne (avant 17 000 ans),de l'art paléolithique. Seul le naseau "en virgule", c'est-à-dire le prolongement du tracé du chanfrein en une sorte de boucle, relève de quelque originalité de traitement.
En ce qui concerne les signes, relativement simples eux aussi, on relève six cas de signes élaborés soit de forme elliptique incomplète, soit de forme triangulaireaux bords arrondis: il s'agit là aussi d'un type très commun, identifié depuis longtemps en particulier dans la grotte d'El Castillo, en Espagne.
La grotte Mayenne-Sciences est une petite cavité constituée de quatre salles en enfilade (salle 0, I, II, III), d'environ 60 m de longueur en suivant le cheminement spéléologique, mais 50 m seulement si l'on part du fond de la salle 0, de ce qui devait vraisemblement être l'entrée paléolithique d'origine. Un micro-sondage réalisé en 1987 dans l'entrée de la cavité a mis à jour une lentille de sédimentation avec 1,5 kg d'ossements brûlés dont 500 g ont été datés par la méthode traditionnelle du C14 à 20 600 ans av. J.-C.

Les références  Up Page
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Je crois que, si les êtres humains que nous sommes ne parviennent pas toujours à évoluer comme ils le souhaiteraient _à s'épanouir professionnellement, sentimentalement et sexuellement (ce que j'appelle les trois pôles d'intérêts) c'est parce qu'il y a des barrages qui entravent leur désir d'accéder à un rêve inachevé. Je pars du principe que tout est possible, à condition de s'entourer de gens qui nous poussent à croire en nous.
 
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Mais encore  Up Page
Dans le canyon de Saulges
Le massif Armoricain, massif granitique, ne comporte que de rares zones calcaires de formation karstique. C'est au sein de l'une d'elles, le bassin de Laval, que l'on rencontre la formation du calcaire de Sablé, une roche carbonifère (environ 300 millions d'années) qui affleure sur une distance de 50 km entre Laval et Sablé. Ce calcaire de couleur gris-bleu fut plissé au cours de la formation des chaînes de montagnes hercynienne et cadomienne (ère secondaire). Le "canyon de Saulges" est dû en grande partie à l'Erve, affluent de la Sarthe, qui entaille le plateau calcaire de Saulges sur près de 1,5 km. Selon les spéléologues, les cavités répertoriées seraient près d'une trentaine.
La grotte Mayenne-Sciences est une cavité karstique, c'est-à-dire qu'ele a été creusée par l'érosion selon des processus hydro-chimiques associant l'eau et des acides, surtout le gaz carbonique et les acides humiques. Sa formation est intervenue dans un contexte géomorphologique différent de l'actuel, pendant la mise en place de la vallée de l'Erve dans ce que localement on appelle le "canyon".
Cette grotte appartient à un ensemble souterrain réalisé à une époque qui n'est pas encore identifiée, mais qui se situe bien avant l'arrivée de l'homme dans le secteur. L'évolution du massif calcaire de Saulges est responsable du recoupement de la grotte, entraînant son isolement, notamment par le déplacement latéral et l'approfondissement du cours d'eau qui ainsi a modifié l'entaille du canyon, en recoupant, voire en utilisant, les conduits souterrains. Ainsi, quand les artistes préhistoriques ont investi Mayenne-Sciences,la cavité était déjà fossilisée, présentant un développement et une morphologie peu différents de ce que nous pouvons observer aujourd'hui.