Grande débâcle du glacier scandinave
La petite histoire
Comprendre simplement
Domaines de présence
Son interprétation dans l'avenir
Les références
Mais encore
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La petite histoire  Up Page
La bipartition de 6700
C'est la période que les glaciologues appellent la "bipartition" associée à la grande débâcle du glacier scandinave. Pour la première fois depuis longtemps, les eaux froides de la mer du Nord rejoignent les eaux salées de l'Atlantique au large des Pays-Bas, pays entre tous menacé par l'océan, suite à un gigantesque raz-de-marée parti des côtes de Norvège. Celui-ci est associé à la débâcle de la partie occidentale du glacier scandinave, qui représentait le quart de la masse totale et dont on a estimé le volume à 200 000 km³. C'est un nouveau passage ouvert d'une façon irréversible qui change tout l'environnement géographique, mais aussi culturel de la région.

Comprendre simplement  Up Page
Mer du Nord
Signalons en passant un fait géophysique et historique très mal connu jusqu'à maintenant : l'ouverture du passage Manche/mer du Nord (qui s’est appelée autrefois Océan Germanique du Nord, la Baltique s’appelant alors l’Océan Sarmatique) est contemporaine du Déluge de Noé, qui a eu lieu à l'autre extrémité de l'Europe. Les deux sont datés de –6700.
 
Ancien fleuve dans la mer du Nord
Enfoui au plus profond de la Mer du Nord, gît un monde disparu : de vastes plaines où les hommes ont autrefois chassé aurochs et mammouths. Une équipe d'archéologues, de géologues et d'ingénieurs de l'université de Birmingham a combiné les dernières techniques informatiques pour concevoir une reconstruction en 3D de ce monde disparu depuis au moins 10 000 ans. Les dispositifs virtuels qu'ils ont développés incluent un fleuve de 600.m de largeur de la longueur de la Tamise qui a disparu quand sa vallée a été inondée en raison de la fonte de glaciers.
La plaine, partie de la terre qui a par le passé joint la Grande-Bretagne à l'Europe du nord, a disparu il y a environ 8.000 ans et était précédemment très mal connue par les scientifiques.

Domaines de présence  Up Page
Bipartition
Pour le glacier scandinave dont le volume mesurait à près 800 000 km³, soit le cinquième de sa masse initiale. Sa fragilisation de plus en plus accélérée par l'augmentation de la température, et plus encore par la chaleur géothermique qui agissait par le dessous, "décollant" littéralement le plancher du glacier, ne pouvait durer éternellement. Cette fragilisation déboucha d'abord sur la partition en deux "petits" glaciers autonomes, encore accrochés pour une ultime survie à leur substrat rocheux. C'est ce que les glaciologues ont appelé la "bipartition" du glacier fenno-scandien. Puis arriva inexorablement le moment du point de rupture.
 
Les glaciologues qui ont étudié très en détail ce phénomène exceptionnel pensent que près d'un quart (200 000 km³) resta accroché sur les monts scandinaves et qu'un autre quart déboula vers l'ouest et atteignit les côtes de la mer du Nord (ouvrant, nous l'avons dit, le passage avec la Manche). La moitié environ de ce glacier moribond (400 000 km³) s'effondra vers l'est dans le lac Baltique (alors fermé à l'ouest), charriant, outre la glace et l'eau qui le composait, une quantité de roches décrochées du substrat sous-jacent, provoquant dans un premier temps un raz-de-marée comme la Terre n'en a pas connu depuis, haut de plusieurs centaines de mètres.
Dans un deuxième temps, l'onde de choc submergea les pays Baltes, inversant sans problème le cours des rivières qui coulaient ordinairement vers le nord. Le mur d'eau était désormais inarrêtable et son parcours a pu être déterminé avec précision. Ce furent d'abord les barrières de Minsk (en Belarus actuel) qui furent détruites et franchies, puis les marais du Pripet (à la frontière Belarus et Ukraine) et de la Bérésina (plus au nord en Belarus), deux affluents du Dniepr, le grand fleuve qui arrose l'Europe de l'Est du nord au sud. Ces marais, vestiges du cataclysme, n'ont jamais pu être totalement asséchés depuis.
Le mur d'eau qui représentait encore un cinquième de la masse initiale (soit 80 000 km³) s'engouffra ensuite dans la vallée même du Dniepr sur un front de près de 10 km, identifié avec le lit majeur du fleuve encore facilement repérable aujourd'hui, débouchant sur la mer Noire après avoir éliminé tous les obstacles sur son passage à travers les plaines de l'Ukraine.

Son interprétation dans l'avenir  Up Page
Terminus: mer Égée
La géographie de la mer Égée a été transformée très rapidement, phénomène si étonnant pour les Anciens que plusieurs textes de l'Antiquité le relate, rapportés notamment par Hérodote (484-420) et Diodore de Sicile (90-20) qui vécut à l'époque des derniers soubresauts de ces changements du niveau de la mer.
Texte de Diodore: "Les Samothraces racontent qu'avant les déluges qui ont frappé les autres nations, il y en avait eu, chez eux, un très grand par la rupture de la terre qui environne les Cyanées et, par suite, de celle qui forme l'Hellespont. Le Pont-Euxin, c'est-à-dire la mer Noire, n'était alors qu'un lac tellement grossi par les eaux des fleuves qui s'y jettent qu'il déborda, versa ses eaux dans l'Hellespont et inonda une grande partie de l'Asie. Une vaste plaine de la Samothrace fut convertie en mer. C'est pourquoi, longtemps après, quelques pêcheurs ramenèrent dans leurs filets des chapiteaux de colonnes de pierre, comme s'il y avait eu là des villes submergées. Le reste des habitants se réfugia sur les lieux les plus élevés de l'île. Mais la mer continuant à s'accroître, les insulaires invoquèrent les dieux et sauvés du péril, ils marquèrent tout autour de l'île les limites de l'inondation et y dressèrent des autels où ils offrent encore de nos jours des sacrifices. Il est donc évident que Samothrace a été habitée avant le Déluge."
 
Il faut aussi noter son commentaire très intéressant sur les îles Cyanées. Leur isolement remontait au cataclysme de –6700, car auparavant, au niveau -38 mètres dans la mer de Marmara, elles faisaient partie intégrante de l'Asie Mineure. Hérodote, quatre siècles plus tôt, parlait des îles Cyanées comme des & quot;îles flottantes" ou "îles noyées" car comme elles étaient très basses sur l'eau, elles furent tour à tour apparentes ou submergées au fil des siècles selon la fluctuation quasi continuelle du niveau de la mer de Marmara. On sait que la mer Égée fut particulièrement tributaire du niveau des eaux marines, leur montée isolant certaines îles et réduisant la superficie d'autres, surtout sur la côte asiatique. Chaque cartographie de la région était obligée de prendre en compte les nouvelles transformations.

Les références  Up Page
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Mais encore  Up Page
La débâcle de –6700
Dans leur livre L'homme et les déluges, qui retrace magnifiquement l'histoire de ce glacier géant, André et Denise Capart parlent de cet instant critique qui se passa dans le nord de l'Europe :
" Y eut-il des oreilles humaines pour percevoir le bruit de tonnerre de ce que les glaciologues ont appelé la "bipartition" ? Pour eux, tout s'est probablement passé dans les solitudes glacées d'un monde chaotique où s'affrontaient les forces aveugles d'une nature inhumaine. De toute façon, personne n'a dû survivre au cataclysme pour le décrire, ce qui n'empêche pas les savants de dater à un ou deux siècles près l'ultime destruction de ce qui fut la calotte glaciaire fenno-scandienne : aux alentours de l'an 6700. "
 
Cratère de Köfels
Il existerait en Autriche, le cratère de Köfels, qui semble avoir eu lieu vers 6500 ans av. J.-C. Les uns prétendent que le cratère fait suite à l'effondrement de la montagne, d'autres affirment preuves à l'appui que la région a subi un impact d'astéroïde.
 
Mangroves fossilisés
Des mangroves fossilés ensevelies sous la grande barrière de corail ont été découvertes par des chercheurs de l'institut australien de sciences marines (AIMS). Elles sont situées dans des paléo-canaux serpentant sur une distance d'une trentaine de kilomètres sur la plate-forme continentale. Les restes de mangroves mis à jour sont composés de systèemes racinaires, de branches et de rameaux d'arbres très bien préservés. Les datations par le radiocarbone ont donné des dates comprises entre 8550 à 8740 ans. Les fragments sont intercalés entre des niveaux de vase à 70 cm au-dessous de la surface du plancher océanique. La transition abrupte entre les faciés observés dans la carotte suggère un changement climatique important et une montée rapide des eaux.